Lorsque quelqu’un me demande comment naît un roman, il s’attend souvent à une réponse technique. Une idée. Un plan ou un chemin de fer. Des personnages avec une bonne intrigue.
Pourtant, aucun de mes romans n’a commencé ainsi. Ils ont tous commencé par une question.
Et si notre monde n’était pas le seul ?
Pas dans le sens où l’on imagine habituellement des univers parallèles. Je parle d’une autre réalité. Un monde qui aurait toujours existé, juste derrière le nôtre. Invisible. Silencieux. Patient.
Cette idée me poursuit depuis des années. J’aime croire que certaines légendes ne sont pas des inventions, mais les souvenirs déformés d’un monde que nous avons oublié.
C’est de cette intuition qu’est né Le Monde de Pi-R. Je n’avais pas envie de raconter une aventure fantastique de plus. Je voulais que le lecteur éprouve cette sensation étrange que l’on ressent parfois devant une vieille porte murée ou les ruines d’une cité ancienne : celle qu’il existe peut-être quelque chose derrière… quelque chose qui attend simplement d’être redécouvert.
Puis un jour, une autre question est apparue.
Que se passerait-il si deux mondes jusque-là séparés commençaient à se rapprocher ?
Comme deux aimants. Ils s’attirent. Ils se repoussent. Ils résistent. Puis, un jour, leur équilibre se rompt. C’est cette image qui a donné naissance aux Tribus de Pi-R. Je ne commence jamais par inventer un héros. Archimède est venu d’un rève et d’un simple jeu de mot. Pi, pierre et donc le peuple lythos est devenu le monde des Pi-R pour le jeune Archi.
Je commence toujours par construire un mystère. Les personnages arrivent ensuite. Ils deviennent les premiers explorateurs d’un territoire que je découvre en même temps qu’eux. Je crois que c’est pour cette raison que je prends autant de plaisir à écrire. Je ne connais jamais toutes les réponses. Je les cherche comme un archéologue qui dégage patiemment les pierres d’un temple oublié.
Chaque chapitre révèle une nouvelle salle. Chaque peinture éclaire un détail. Chaque illustration devient un indice. Mes romans sont illustrés parce que certaines émotions refusent de rester enfermées dans les mots. Parfois, une image raconte ce qu’une page entière ne pourrait jamais expliquer.
C’est sans doute pour cela que je considère chacun de mes livres comme une œuvre complète, où la peinture, l’écriture et la mise en page racontent une seule et même histoire. Au fond, je ne cherche pas seulement à faire voyager le lecteur. J’aimerais lui offrir cette sensation rare. Celle de refermer un livre en regardant son propre monde avec un léger doute. Et si certaines portes existaient vraiment ? Et si certains mondes attendaient simplement que quelqu’un ose les franchir ? Peut-être que la fantasy n’est pas faite pour fuir la réalité. Peut-être est-elle simplement une autre façon de l’explorer.
✧ Pour prolonger le voyage
Si cette idée vous intrigue, Le Monde de Pi-R est la première porte de cet univers.
Les Tribus de Pi-R vous conduiront encore plus loin, là où deux mondes commencent lentement à entrer en collision.
Le voyage ne fait que commencer.