Bonjour à tous, voyageurs de l’imaginaire, et bienvenue dans ce nouveau carnet de bord.
Comme vous le savez, je me définis avant tout comme un raconteur d’histoires. Dans mon atelier, entouré de mes figurines, de mes objets et de mes livres – ce cabinet de curiosités qui nourrit mon quotidien –, je ne peins pas de simples paysages. Je tisse des ponts. Chaque toile qui naît sur mon chevalet est une porte entrouverte sur un monde en devenir, un fragment arraché à un roman qui attend patiemment son heure.
Aujourd’hui, j’aimerais vous faire traverser la toile et vous emmener au cœur des canyons rouges que vous pouvez voir entre mes mains.
La naissance par la paréidolie Si vous regardez attentivement les formations rocheuses sur la gauche du tableau, ces piliers de pierre verte et ocre, vous y devinerez peut-être l’origine de cette œuvre. Tout a commencé par un simple exercice de paréidolie. En observant un vieux morceau de bois flotté et une écorce tourmentée ramassés lors d’une balade, mon esprit a commencé à y dessiner des arches titanesques, balayées par les vents d’un désert infini. Le décor était planté. Il ne manquait plus que l’étincelle de vie.
Quand l’engrenage rencontre l’écaille C’est ici que mon amour pour le steampunk et la pop culture a repris ses droits. Dans ce monde aride où la roche semble dévorer l’horizon, j’ai imaginé une créature chimérique : un dragon mécanique. Regardez ses ailes segmentées, son corps tubulaire et son armure de métal pâle. Est-ce une machine construite par une civilisation oubliée pour fendre les cieux brûlants, ou un être magique qui s’est paré de rouille et d’acier pour survivre ?
Dans mon univers, le Dougnac Art Fantastique, les machines à vapeur ont autant d’âme que les dragons de chair. Ce léviathan d’airain trace sa route vers d’étranges citadelles volantes et des tours d’observation sculptées à même la roche rouge. C’est une uchronie silencieuse, un monde où la technologie s’est développée en harmonie avec les mystères de la magie.
Un fragment de roman Les couleurs chaudes de l’huile et de l’acrylique se mélangent ici pour donner une texture presque palpable à ce sable et à ces roches. Quand je tiens cette grande toile, je sens déjà le vent sec de ce monde lointain. Je sais que ce paysage n’est qu’un décor pour une aventure bien plus vaste. Qui pilote ce dragon ? Qui habite cette forteresse en lévitation à droite de l’image ?
Cette peinture est la première note d’une symphonie. C’est une image qui appelle les mots, et qui, je l’espère, finira par trouver sa place au cœur de l’un de mes prochains romans illustrés, où le texte et la peinture travailleront ensemble pour vous immerger totalement.
D’ici là, je vous laisse la clé de ce monde. Sentez-vous libres d’y voyager et d’y inventer vos propres chimères.
À très vite pour de nouvelles histoires, Christophe Dougnac